Aller au contenu principal
Fermer

USA-Pour la Fed, il est encore trop tôt pour parler de sortie de crise
information fournie par Reuters 28/04/2021 à 21:59

* La politique monétaire américaine reste inchangée

* Le moment n'est pas venu de parler de la faire évoluer, dit Powell

* La conjoncture dépend toujours de la situation sanitaire

* Les rendements et le dollar reculent, record du S&P-500

(Actualisé avec conférence de presse)

par Howard Schneider, Jonnelle Marte et Ann Saphir

WASHINGTON, 28 avril (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a pris acte mercredi des progrès de la reprise économique et de la vaccination contre le COVID-19 aux Etats-Unis, tout en jugeant qu'il était trop tôt pour démanteler l'arsenal déployé depuis plus d'un an face à la crise du coronavirus.

"Il n'est pas encore temps" de commencer à débattre d'une éventuelle inflexion de la stratégie de la banque centrale, a déclaré son président Jerome Powell lors d'une conférence de presse, en expliquant que la Fed avait besoin de davantage d'éléments prouvant une amélioration durable de la situation économique.

L'institution a, sans surprise, laissé inchangée sa politique monétaire en maintenant des taux d'intérêt quasi nuls comme ses achats de titres sur les marchés au rythme de 120 milliards de dollars par mois.

"Nous sommes 8,5 millions d'emplois en dessous du niveau de février 2020", a rappelé Jerome Powell. "Nous sommes encore loin de nos objectifs (...) Il faudra un certain temps."

Certes, a-t-il ajouté, la reprise devrait favoriser une remontée des prix mais cette poussée inflationniste de courte durée ne sera certainement pas de nature à contraindre la Fed à avancer le relèvement de ses taux.

Dans le communiqué publié à l'issue de deux jours de débats du Federal Open Market Committee (FOMC), la Réserve fédérale explique que "dans le contexte des progrès de la vaccination et d'un soutien robuste des politiques monétaire et budgétaire, les indicateurs de l'activité économique et de l'emploi se sont améliorés".

Mais elle ajoute que "la trajectoire que suivra l'économie dépendra fortement de l'évolution du virus, ce qui inclut les progrès de la vaccination".

Le communiqué marque néanmoins une légère inflexion de la formulation retenue pour qualifier l'impact de la crise sanitaire: alors qu'elle évoquait en mars des risques "considérables" sur les perspectives économiques, la banque centrale se contente désormais de mentionner le fait que ces perspectives "restent soumises à certains risques".

UNE INFLEXION "SUR LA POINTE DES PIEDS"

Ce changement de ton et ses commentaires sur les progrès de la reprise incitent certains observateurs à conclure que la Fed a franchi, sans le dire, un pas vers l'ouverture du débat sur la réduction de ses soutiens à l'économie.

"Elle avance bel et bien, sur la pointe des pieds, dans la direction d'une amélioration du contexte économique qui pourrait justifier un 'tapering' et éventuellement des hausses de taux", a ainsi estimé Steven Violin, gérant de F.L.Putnam Investment Management.

Pour autant, la Fed n'a pas modifié les conditions qu'elle pose à un "tapering", c'est-à-dire une diminution progressive de ses achats d'emprunts: ces conditions incluent toujours "des progrès supplémentaires substantiels" vers le double objectif du plein emploi et d'un retour durable de l'inflation à 2%.

Les propos de Jerome Powell ont permis à l'indice Standard & Poor's 500 .SPX de la Bourse de New York d'inscrire un nouveau record à plus de 4.200 points tandis que les rendements obligataires et le dollar s'orientaient à la baisse.

En fin de séance, le billet vert cédait 0,34% face à un panier de devises de référence et l'euro remontait à plus de 1,2120 EUR= ; sur le marché des emprunts d'Etat, le rendement des bons du Trésor à dix ans US10YT=RR , qui dépassait 1,64% avant le communiqué de la Fed, retombait sous 1,62%.

En dépit de multiples signes montrant que l'économie américaine est engagée dans une reprise lente mais régulière qui pourrait se solder cette année par une croissance sans précédent depuis 1984, la Fed n'a pour l'instant donné aux marchés aucun indice laissant entendre qu'elle était prête à diminuer ses soutiens à l'activité et au crédit.

Le taux de chômage est revenu à 6% en mars mais reste supérieur à son niveau d'avant la pandémie. Parallèlement, l'évolution des prix ne montre pour l'instant aucun signe suggérant une menace inflationniste sérieuse et durable.

(avec Charles Mikolajczak à New York; version française Marc Angrand, édité par Jean Terzian)

Valeurs associées

1,1619 USD Six - Forex 1 0,00%
6 740,02 Pts CBOE -1,33%

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Une colonne de fumée s'élève après une frappe aérienne à Téhéran, le 7 mars 2026  ( AFP / ATTA KENARE )
    information fournie par AFP 07.03.2026 10:42 

    Le président iranien Masoud Pezeshkian a promis samedi que son pays ne se rendrait jamais, alors qu'Israël annonçait une nouvelle offensive menée par 80 avions de combat qui a mis le feu à l'un des principaux aéroports de Téhéran. La guerre est entrée dans sa deuxième ... Lire la suite

  • Le rappeur Balendra Shah (à gauche) devenu maire de Katmandou, qui a remporté son duel contre l'ex-Premier ministre KP Sharma Oil aux législatives, vote le 5 mars 2026 dans la capitale népalaise ( AFP / TAUSEEF MUSTAFA )
    information fournie par AFP 07.03.2026 10:39 

    Le rappeur devenu maire de Katmandou Balendra Shah a remporté le duel emblématique qui l'opposait à l'ex-Premier ministre KP Sharma Oli lors des élections législatives de jeudi au Népal, six mois après l'insurrection des jeunes de la Génération Z. Selon le dépouillement ... Lire la suite

  • Une colonne de fumée s'élève après une frappe aérienne à Téhéran, le 7 mars 2026  ( AFP / ATTA KENARE )
    information fournie par AFP 07.03.2026 10:15 

    Israël bombarde samedi matin la capitale iranienne Téhéran, en particulier un de ses aéroports, après que Donald Trump a dit vouloir la "capitulation" de l'Iran. La guerre est entrée dans sa deuxième semaine, s'étendant à de nombreux pays de la région et faisant ... Lire la suite

  • Photo fournie par la Nasa le 11 octobre 2022 montrant l'astéroïde Dimorphos vue par le vaisseau de la mission Dart quelques secondes avant l'impact ( NASA/Jons Hopkins APL / Handout )
    information fournie par AFP 07.03.2026 09:58 

    Il y a quatre ans, la Nasa faisait s'écraser un vaisseau sur un petit astéroïde pour tenter de dévier sa trajectoire, une manoeuvre digne d'un roman de science-fiction qui visait à apprendre comment protéger l'humanité d'une éventuelle menace future. Nommée Dart, ... Lire la suite

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...